Visite chez Martin Pouret, vinaigrier à Orléans
Visite ce matin de la société Martin Pouret située Faubourg Bannier à Fleury les Aubrais. Restent accrochés des effluves de vinaigre. En pénétrant dans la salle où s’effectue la fermentation, on se trouve envahi, submergé par les odeurs. Les yeux piquent et l’on observe par le trou d’un tonneau la lente fabrication du vinaigre. Car ici, on ne plaisante pas avec la tradition, la qualité et l’authenticité. On utilise les mêmes procédés qu’il y a 200 ans. Et ce respect des règles ancestrales a sauvé l’entreprise Martin Pouret. Qui se retrouve ainsi la seule survivante d’une industrie jadis florissante. Pensez qu’il y a eu jusqu’à 1000 vinaigriers sur l’agglomération orléanaise et que simplement, Faubourg Bannier, on en recensait 300. Ils ont voulu s’adapter aux progrès techniques, suivre le vent de la modernité, sont rentrés dans la course à la productivité. Martin Pouret, seul a poursuivi la production avec les méthodes et techniques anciennes. L’entreprise a traversé des moments difficiles et maintenant se retrouve seule sur un créneau étroit mais identifié : les vinaigres de qualité. Il faut 3 semaines pour produire 50 litres de vinaigre alors que les méthodes industrielles permettent de fabriquer plusieurs dizaines de milliers de litres en 24 heures.
Depuis 3 ans, la société a entrepris une diversification en développant avec le chef Alain Passard (3 étoiles Michelin) une filiale spécialisée dans la fabrication de moutarde à Orléans.
En sortant de l’entreprise, on songe au potentiel culturel, gastronomique et touristique que représente le vinaigre dans notre cité. Il faut sûrement trouver une façon de mieux valoriser ce patrimoine.


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