Bilan 2006 des défaillances d’entreprises en région Centre
Le service « Etudes » d’Altares (nouvelle identité de BIL / Dun & Bradstreet), le spécialiste de la connaissance inter-entreprises, réalise chaque trimestre une analyse globale des défaillances d'entreprises en France. En ce début d'année, Altares propose un bilan 2006 des défaillances d'entreprises pour chaque région française.
En 2006, 47 000 jugements d'ouvertures de redressement ou liquidation judiciaires ont été prononcés en France. Sur un an, la baisse est de 4,6%. La région Centre fait mieux avec 1 551 ouvertures de procédures en recul de 5,7%.
Les jeunes entreprises restent néanmoins vulnérables, notamment dans le bâtiment.
Les défaillances augmentent fortement dans les services aux entreprises.
Les défaillances d’entreprises augmentent de plus de 5% dans l’Eure-et-Loir et le Loir-et-Cher.
Dans le même temps, 21 procédures de sauvegarde ont été ouvertes en 2006 pour 500 procédures à l’échelle nationale. Cela représente environ 1,4% de l’ensemble des procédures collectives contre 1% en moyenne française.
La fin d’année a été plus délicate en Région Centre
Dans le Centre, comme dans la plupart des régions françaises, après un premier semestre bien orienté où les défaillances d’entreprises étaient en recul de 11 %, la seconde partie de l’année a été plus difficile avec une dégradation de 1 % en comparaison des 6 derniers mois 2005. Les difficultés se concentrent sur le dernier trimestre 2006 où les sinistres ont augmenté de plus de 10 %. Les petites entreprises restent les plus nombreuses à déposer leur bilan ; 94% emploient moins de 10 salariés. Si les défaillances d’entreprises sans salariés parviennent juste à être stabilisées, elles augmentent en revanche de 13 % dans celles de 6 à 9 salariés. Les structures de 3 à 5 ans s’inscrivent elles aussi sur des tendances juste stables sur un an.
L’ensemble des activités est bien orienté, exception faite des services aux entreprises
Si les défaillances sont en baisse dans de nombreux secteurs d’activités, deux résistent plus difficilement. Le bâtiment parvient à stabiliser (+ 1%) ses défaillances à un niveau qui reste élevé (351). Les services aux entreprises sont davantage en difficulté avec une dégradation de 16 % sur un an à 182 défaillances.
Les défaillances augmentent dans le Loir-et-Cher et l’Eure-et-Loir
Deux départements comptent plus de 300 défaillances par an, le Loiret (369) et l’Indre-et-Loire (324). Tous deux sont néanmoins bien orientés, les défaillances y reculent respectivement de 4% et 16 %. Le Cher et l’Indre connaissent également de fortes améliorations (- 13 % et - 16%). En revanche, la situation est plus délicate pour l’Eure-et-Loir (+ 9%) et le Loir-et-Cher (+ 5%). Ce dernier département enregistre une hausse continue des défaillances d’entreprises depuis plusieurs années.
Note méthodologique
Définition de la défaillance : sont retenues comme défaillantes les entreprises ayant fait l'objet de l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire directe. Ne sont, par conséquent, pas considérées les suites de procédures, à savoir liquidations judiciaires ou plans de redressement jugés après l'ouverture d'un redressement judiciaire. Ne sont pas davantage retenues les cessations amiables d'activité.
Les défaillances sont comptabilisées à la date du jugement et non à la date de publication de l’information.
Les sources des défaillances collectées par Altares : Altares collecte l'ensemble des jugements auprès des Greffes des Tribunaux de Commerce ou des chambres commerciales des Tribunaux d'Instance ou de Grande Instance. Altares est également licencié du BODACC (Bulletin Officiel d'Annonces Civiles et Commerciales) depuis 1987. Le BODACC publie les annonces légales relatives à la vie d'une entreprise, notamment les avis de procédures de redressement et liquidation judiciaires. Les statistiques de défaillances diffusées par Altares sont issues de sa propre base de données et comptabilisent les jugements dès leur enregistrement, le plus souvent quelques semaines avant leur publication au BODACC.
Téléchargement ALT_defaillances_entreprises_region_centre_2006.pdf


J'ai parlé à un ami de cette étude. sa réflexion a été la suivante : on parle des entreprises qui ferment, pas de celles qui se créent.
Réflexion doublement intéressante :
.Si on veut que le pays reprenne confiance en lui - après tout, nous sommes encore la cinquième puissance mondiale ! - il faut peut-être changer les regards et parler aussi de ce qui va bien (ce que vous faites sur ce blog d'ailleurs)
.Il faut évidement croiser les chiffres des défaillance avec ceux des créations d'entreprise et des créations d'emplois
Dernier élément, l'analyse nous dit que le Loiret a vu le nombre de défaillance diminuer de 4% en 2006. Quand on regarde le détail, on se rend compte qu'elles avaient augmenté de 7% en 2005. La dernière année est interessante mais il faut donc aussi évaluer la tendance (ce que les tableaux du fichier PDF permettent de faire)
Rédigé par : Miguel | 31 jan 2007 à 20:36
En fait, il faudrait analyser de plus près les résultats, mais je partage la crainte en ce qui concerne le Cher et l'Indre. Facteur agravant, il faut des créations d'entreprises pour avoir des défaillances.
Le Cher et l'Indre ont toujours eu des réactions particulières notamment dans le domaine économique, ce qui explique la création et le développement d'un fonds spécifique au niveau régional. En fait, ces deux départements ont tout à gagner à appartenir à la région Centre. il vaut beaucoup mieux être les pauvres dans une région riche que le contraire...
Rédigé par : olivier de Brabois | 31 jan 2007 à 15:30
Les chiffres sont étonnants pour l'Eure et Loir car il semblerait que de plus en plus de cadres s'y installent ... pour travailler à Paris pour le moment. Tôt ou tard, cela peut être dynamisant pour l'économie locale.
La situation du Loir et Cher est effectivement très préoccupante : les cadres s'en vont, souvent pour Tours et la ville de Blois vieillit.
Quelle analyse peut-on avoir des bons chiffres de l'Indre et du Cher : sont-ils liés à une dynamique ou au fait qu' "on a touché le fond" ?
Rédigé par : Miguel | 30 jan 2007 à 11:05