La fratrie en question
Dimanche dernier, j’écoutais à la radio Bernard Debré, interviewé à l’occasion de la parution d’un livre qu’il a écrit sur sa mère.
Sensation étrange. Voilà une famille qui depuis trois générations maintenant marque notre pays à divers titres, qu’il s’agisse de Robert, Michel, Olivier, Jean-Louis ou Bernard. L’interviewé parle de sa mère, pivot de la famille, et, ce que l’on attend confusément, avec une curiosité un peu honteuse, finit par arriver : Bernard parle de Jean-Louis, de ce frère jumeau nommé la semaine dernière Président du Conseil Constitutionnel, et alors, tout ressort. Derrière l’urbanité affable, on perçoit l’accessoire, l’à côté où s’expriment les rancoeurs et les jalousies. Il compatit sur ce frère qui n’a jamais pu passer son bac : « Il avait un peu de retard ». Il peut bien ajouter qu’après il s’est bien rattrapé, la vacherie porte, et le skud atteint sa cible. La seconde salve arrive juste après, encore plus ravageuse. Bernard (on peut bien l’appeler par son prénom maintenant, non ?) explique que sa mère lui a reproché d’avoir obtenu son permis de conduire, alors que son frère avait échoué !
Bernard, qui au passage rappelle ses succès médicaux, présente en fait son frère comme un gentil benêt.
Françoise Chandernagor qui venait d’être interviewée pour un livre qui met en scène les relations complexes de quatre soeurs face à la mort de leur mère, déguste ce mélange d’humanité et de politique. Elle qui connaît si bien les rouages de l’histoire, du monde politique et des situations familiales complexes , voit devant elle s’écrire des pages de douleur refoulée.
Et je repense à tous ces responsables politiques côtoyés. Et pour chacun, l’espace de fragilité, la fracture familiale qui explique beaucoup.
Un notaire me racontait qu’au moment des successions ressort presque immanquablement l’histoire de la bicyclette donnée, il y a des années, à l’un des enfants et pas à l’autre. Et ces ressentis qui se paient bien plus tard, comme des ventes à crédit.
Un ami m’affirme que les frères et soeurs ont vocation à vivre toujours en concurrence d’amour par rapport aux parents.
Elles sont comment exactement les relations entre Jean-Louis et Bernard ?


Oui, c'est aussi l'histoire d'Abel et Caïn, c'est notre histoire à tous. Les parents croient donner le même amour à chacun de leurs enfants mais cela n'empêche pas la jalousie.
Ce qui est malheureux, c'est que Bernard, si intelligent, devrait savoir ne pas répondre à ce type de questions qui ne visent qu'à offrir une personne de plus en pâture au peuple venu voir les gladiateur se déchirer dans l'arène politico-médiatique.
Rédigé par : Miguel | 27 fév 2007 à 16:13