Le Web 2.0 : un sujet qui passionne !
Hier, dans le cadre de nos réunions avec l’AFRC (Association Française de la Relation Client), intéressante présentation sur le Web 2.0.
En fait, il s’agissait des exposés des participants à une mission aux USA. Ces derniers qui appartiennent à l’AFRC, mais aussi à l’UDA (Union des Annonceurs) et à l’ACSEL (Association pour le Commerce et les Services en Ligne) ont rencontré les quatre grands de l’Internet (Microsoft, Yahoo, Google et Ebay), mais aussi de nombreuses start-up de la Silicon Valley.
Il serait trop long et certainement fastidieux de résumer ici l’ensemble des interventions, aussi vais-je me limiter à quelques impressions et idées fortes. Tout d’abord, une constatation : le sujet passionne. Une trentaine de personnes étaient attendues et nous étions plus du double !
Ensuite, cinq points qui ont frappé tous les intervenants :
• Le Web 2.0. Sur le principe, il n’y a pas d’évolution majeure. Tous les principes existaient, ce ne sont que des évolutions sociétales et la simplification des technologies qui permettent cette évolution majeure qui fait que l’utilisateur se retrouve au centre du réseau.
• Mobilité. C’est pour tous les intervenants l’avenir. Face à un Internet qui, aux USA, commence à stagner (ou plus exactement à croître moins vite), il y a là un avenir évident. Cela concerne Skype bien sûr (200 millions d’utilisateurs, 500 000 téléchargements par jour !), mais toutes les autres formes qui permettent une « société de l’ubiquité » résumée par l’acronyme ATAWA (Any Time, Any Way, Any Device)
• Business model. Là aussi, cela peut se résumer par une formule typiquement américaine : « Business is communication, Web 2.0 is about communication, Web 2.0 is business » Le consommateur cherchant à parler au consommateur, ce n’est pas tant l’information qui a du prix que l’attention qui permet de le faire venir.
• La France n’a pas à rougir par rapport à ce qui se passe là bas, mais il y a sur la côte Ouest des USA un « écosystème » particulier et un peu miraculeux qui rend les innovations passionnantes, sous le regard des médias. Et il y a un état d’esprit qui fait que l’entrepreneur pense : « Soit je réussis rapidement, soit je plonge, mais si je plonge, il faut que cela soit rapide pour que je puisse recommencer très vite ! »


Sur la mobilité.
Je pense que l'accès est un élément important : pour le moment, les solution télécom (GPRS, 3G) offrent une vraie mobilité mais un débit très faible. Les solutions wifi offrent, elles, un débit potentiellement plus important (qui dépend cependant du nombre de personnes qui utilisent le service) mais une mobilité réduite. Même si la ville de Paris met en place des centaines de points d'accès, elle n'arrivera pas à faire en sorte qu'une personne puisse se déplacer en restant connectée... à cet excellent blog par exemple :) Il va donc falloir que les techniques évoluent pour offrir à la fois débit et mobilité.
L'autre point, et sans doute le plus important et le plus intéressant, est celui des usages. Nous sommes déjà en train d'entrer dans le "Any Time, Any Way, Any Device" mais nous ne savons pas vraiment pas quoi en faire : le problème n'est plus de savoir comment surfer, prendre des photos, recevoir des mails, convertir mail en voix, voix en mail, traduire une voix française en voix anglaise... Le problème est de savoir pour quoi faire. Il y a là un nombre incroyable d'applications possibles, de services et de business à développer. Il faut juste trouver les lieux pour mener ce genre de projets capables d'allier talents, imagination, ambition, foi en l'avenir, capacité de financement et don pour la commercialisation. La Silicon Valley, aujourd'hui, c'est un peu ça.
Rédigé par : Miguel | 17 juil 2007 à 10:34
C'est amusant comme coïncidence.
Dans mon commentaire du 15 juillet, je vous dis : "Dans moins de 10 ans, les villes importantes seront leur propre opérateur et proposeront gratuitement le wifi."
Et voilà ce que je découvre hier dans la presse : "La ville de Paris met en service les premières bornes de son réseau wifi gratuit. En septembre, 260 sites répartis dans toute la capitale seront concernés."
A lire ici : http://www.lexpress.fr/info/economie/infojour/infos.asp?id=160333
Rédigé par : Marc | 17 juil 2007 à 09:29
"Le Web 2.0. Sur le principe, il n’y a pas d’évolution majeure."
Techniquement ? Oui évidemment, cela reste du php, un peu d'ajax pour faire joli, et de temps à autre, du javascript. Mais je pense qu'il y a une évolution majeure, notamment dans le monde des blogs. L'attractivité, cette volonté de rendre l'outil agréable dans son utilisation pour les admins et les internautes. C'est une évolution, il faut en avoir conscience, qu'un certain nombre de logiciels du libre n'ont pas été capable (lire à ce sujet l'interview de Samuel Hocevar : "Le gros défaut de nombreux logiciels libres est qu'ils sont pensés par le développeur pour le développeur avec une interface illisible ou incompréhensible, et qu'ils ne sont pas agréables ni faciles à utiliser pour l'utilisateur final." dans Le Monde du 12 juillet 2007).
C'est déjà une énorme évolution, car qui est au centre ? L'utilisateur, et plus le programmateur.
Deuxième évolution importante, c'est l'impact sur les relations sociales, dont les conséquences sont énormes (désolé de ne pas détailler plus, mais je vais quand même pas faire un commentaire de 50.000 mots :)
Mobilité, sans doute par provocation, j'ai envie de dire, on s'en fout complétement !! Dans moins de 10 ans, les villes importantes seront leur propre opérateur et proposeront gratuitement le wifi.
La mobilité est intéressante en ce qu'elle oblige à repenser complétement les rapports identitaires et géographiques, ce qui est une première dans l'histoire de notre monde.
Enfin, c'est un avis parmi d'autres :)
Rédigé par : Marc | 15 juil 2007 à 08:48
Pour Fabien, je suis d'accord avec les paradoxes évoqués, mais les choses évoluent. Je suis sûr qu'il y a des business angels ouverts à des entreprises dans le web 2.0, le produit, le projet sont importants pour eux, mais les hommes sont essentiels et leur adéquation au produit fondamentale.
Rédigé par : de Brabois | 13 juil 2007 à 16:25
Pour Miguel, le centre d'innovation à La Source a vraiment cette vocation, mais ta reflexion me prouve que nous avons encore beaucoup à faire pour que cela soit mieux connu. Il faut sans doute aussi que nous apportions d'autres services comme ceux évoqués par Fabien.
Rédigé par : de Brabois | 13 juil 2007 à 16:22
Serait-il utopique de créer une pépinière d'entreprise dédiée aux nouvelles technologies sur l'AgglO ?
Le cadre est formidable (au sud par exemple), on a des loisir à proximité (golf, balnéades, ...) il y a quelques entrepreneurs, on est à 1 heure de Paris... ça pourrait faire des atouts pour attirer de jeunes pousses non ?
Rédigé par : Miguel | 13 juil 2007 à 12:22
Ton dernier paragraphe résume exactement une des dernières interviews de Loic Le Meur qui s’est installé récemment du côté de San Francisco… pour la création d’une nouvelle start-up.
L’état d’esprit des entreprises innovantes, des jeunes start-up, des business angels, est apparemment très différent du nôtre. Nous n’avons pas à rougir au niveau de notre avancée par rapport au web, au web 2.0 et au phénomène blog, mais l’état d’esprit général est différent.
Au sein d'Oxyneo, on se faisait la réflexion suivante il y a encore peu de temps :
Nous sommes fans de l’histoire Google. Nous sommes fans du mode de travail, de la liberté de créer, de travailler, d’innover, de collaborer. Nous sommes fans des multiples services et structures mis en place pour faciliter la vie des collaborateurs de l’entreprise (restaurants variés, crèches, coiffeur, masseur, repassage, sports, etc.) afin qu’ils se consacrent à 300% à leurs objectifs... Cependant combien d’entre nous accepterait de travailler à des heures très tardives, scotché derrière un écran…avec comme unique but, l’atteinte de l’objectif de l’équipe projet le plus rapidement possible, et donc l’amélioration continue de l’entreprise. En France, on dirait qu’il y a un paradoxe entre ce qu’on voudrait… par exemple le modèle social/entreprise Google… et ce qu’on fait réellement car une partie importante ne souhaite pas forcément changer les acquis du type 35 H, du type 9H-12H 14H-18H… Par exemple, un poste d’infographiste ou un poste de webmaster, imaginons ne serait ce qu'un instant que certaines personnes soient plus créatives la nuit… qu’est-ce qui les empêcherait de travailler la nuit plutôt que le jour ? Du côté de la Silicon Valley… aucun problème… En France, trop nombreuses seraient les personnes pointant cette façon de travailler…
Qu'en penses-tu ? Ne trouves-tu pas qu’il y a un paradoxe ?
Concernant les business angels, localement, ont-ils l’esprit assez ouvert pour écouter de jeunes pousses parlant web 2.0 ?
Rédigé par : Fabien Pretre | 13 juil 2007 à 01:53