« L'industrie pharmaceutique : un secteur clé pour la région Centre | Accueil | Le Salon virtuel de la Création et de la Reprise d'Entreprises en ligne ! »

29 sep 2008

La lutte contre le réchauffement climatique pourrait générer des millions d'emplois d'ici 2030

Environnement_vert_2Comment la transition vers une économie plus « verte » sera-t-elle concrètement reflétée dans le monde du travail ?
Tel est le thème du rapport « Green jobs: Towards decent work in a sustainable, low carbon world » (Emplois verts : Vers un travail décent dans un environnement durable à faible taux de carbone), présenté conjointement le 24 septembre au Siège de l’Organisation des Nations Unies (ONU), à New York, par l’Organisation internationale du Travail (OIT),  le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), la Confédération syndicale internationale (CSI) et l’Organisation internationale des employeurs (OIE).

La transition vers une économie plus verte, plus intelligente et moins polluante dans l’utilisation des ressources de la planète est déjà en cours.  Mais la question est de savoir comment cette transition sera vécue par le monde du travail, aussi bien les employeurs que les employés.
Le rapport cherche donc à montrer quelles seront les tendances dans un tel monde.  Mais il souhaite aussi servir d’inspiration pour de futures actions, aussi bien dans le monde développé que dans les pays en développement.  Il ne s’agit pas de donner une « définition mathématique » de « l’économie verte » mais plutôt de voir où, dans la transition vers cette nouvelle économie, de nouveaux secteurs seront susceptibles d’émerger, des emplois créés et des investissements mobilisés. Nous ne pouvons plus nous offrir les énormes gâchis du type d’économie qui a prévalu au XXe siècle. Il faut passer à une économie moins gourmande en combustibles fossiles et plus « cyclique » qui ne traite plus les déchets comme tels en s’en débarrassant purement et simplement mais plutôt les recycle et les réutilise. Des actions de ce type ne peuvent plus être considérées comme de simples niches commerciales : il faut plutôt les percevoir comme des initiatives permettant de créer des millions d’emplois.

Environ 300 milliards de dollars sont investis chaque année dans les industries liées aux énergies fossiles, alors qu’en 60 ans, 17 milliards seulement l’ont été pour renforcer l’efficacité énergétique. Ces chiffres montrent qu’il existe un potentiel énorme d’orientation de l’économie. Imaginez ce qui pourrait être fait si une fraction seulement des quelque 1 000 milliards de dollars qui risquent d’être investis en un seul mois dans la stabilisation du système financier du XXe siècle l’étaient au profit d’activités et de secteurs « verts » !

Dans la perspective de l’OIT, la transition actuelle représente un défi d’ampleur mondiale pour les entreprises et les employés. Aussi bien les gouvernements que le monde du travail doivent apporter leur aide pour faire en sorte que cette transition se passe bien. La transition en question est déjà en cours : en Allemagne, le secteur des énergies renouvelables dépassera dans les 10 ans à venir en importance celui de l’industrie automobile ou des machines-outils.  Le défi à relever est mondial, car la moitié des 2,3 milliards d’emplois de la planète se trouve aujourd’hui dans le monde développé et le « verdissement » de l’économie se doit aussi de prendre en compte le sort des plus pauvres d’entre les pauvres qui sont concernés. Il faut d’autre part que les « emplois verts » soient des emplois décents ce qui n’est pas automatiquement acquis : des millions d’emplois existent dans le secteur du recyclage des composants d’ordinateurs ou de téléphones qui se pratique notamment dans les pays en développement mais où beaucoup trop souvent, on fait fi des règles de sécurité et d’hygiène.

En outre, si, dans la nouvelle « économie verte », des emplois seront créés, d’autres seront transformés, tandis que d’autres disparaîtront. Pour s’assurer le soutien des opinions publiques et la volonté politique des dirigeants, il faudra donc, dès le départ, mettre en place des politiques consacrées à ceux qui vont souffrir de cette transition, afin d’éviter ce qui s’est passé avec la libéralisation du commerce, où l’on a d’abord uniquement insisté sur les aspects positifs de l’ouverture commerciale avant d’en reconnaître plus tard les aspects négatifs. Aller vers une économie plus verte n’est pas seulement une affaire de financement et de technologies, mais aussi une question ayant un impact sur des êtres humains, des sociétés, et entraînant des changements culturels. C’est donc essentiellement une question de leadership qui se pose dans tous les domaines.

Le monde des syndicats a réussi à comprendre en très peu de temps à la fois ses responsabilités et l’urgence d’agir pour construire une économie plus respectueuse de l’environnement. Il y a cinq ans, la communauté syndicale était incapable d’approuver le Protocole de Kyoto car elle craignait pour les emplois de ses membres. Puis, très rapidement, le mouvement syndical international s’est rallié à l’objectif conseillé par les experts de l’ONU d’une réduction de 85% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Il est parfaitement possible de concilier les actions contre les changements climatiques avec le programme en faveur des emplois « verts ». La plus grande menace pour l’emploi consisterait à ne rien faire, la création d’emplois « verts » décents, si elle est possible, ne sera pas automatique du seul fait du marché, mais qu’elle exigera des politiques publiques volontaristes au niveau international. Il faudra aussi obtenir rapidement un accord sur les objectifs au-delà du Protocole de Kyoto.

Ce rapport semble être un grand pas en avant car il apporte une vision de ce qu’il faut faire. Il faut convaincre les opinions publiques que le mouvement en faveur de la promotion de cette économie plus respectueuse de l’environnement ne sera pas perçu par les individus comme allant à l’encontre de leurs ambitions et rêves personnels. Comment serait-il possible de dire aujourd’hui à un Indien qu’il ne saurait avoir le même rêve qu’une génération entière d’Américains, de Français ou d’Italiens souhaitant posséder une petite automobile individuelle bon marché, car la possession de l’objet convoité n’est pas compatible avec la création d’un environnement durable. Il faut donc qu’employeurs et employés travaillent ensemble, sans quoi les objectifs de Kyoto ne seront pas acceptés par les populations.

Le secteur privé devra apporter environ 85% des ressources nécessaires pour relever le défi posé par les changements climatiques. Ces investissements se feront à la fois directement dans la nouvelle économie « verte » et dans l’ancienne économie pour lui permettre d’assurer la transition nécessaire, par exemple dans le secteur essentiel des infrastructures. Il est nécessaire de ne pas faire des distinctions trop marquées entre activités « vertes » et activités qui seraient « non vertes ». Les entreprises responsables traiteront les défis des changements climatiques avec le même sérieux que tout élément les affectant à large échelle. La notion d’« emploi décent » soit définie au niveau local ou national. Il n’y aura pas un modèle universel d’« emploi vert » mais il y aura certainement une grande variété « d’économies vertes ».

Source : communiqué de presse de l'Organisation des Nations Unies (ONU)

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d83451df9069e2010534cf2dbd970b

Voici les sites qui parlent de La lutte contre le réchauffement climatique pourrait générer des millions d'emplois d'ici 2030 :

Commentaires

Miguel

J'ai suivi la convention démocrate américaine. Les discours étaient clairs : "il faut trouver une alternative au pétrole et développer de nouvelles énergies vertes, non pas basées sur des ressources à l'extérieur des états unis, mais basées sur des technologies américaines. Ainsi, ce changement génèrera des emplois dans notre pays". Voilà qui devrait faire réfléchir de ce côté-ci de l'Atlantique.

J'avais fait un modeste article sur la question : http://www.coteboulevard.com/2008/08/lamrique-vers-l.html

Poster un commentaire

Si vous avez déjà un compte TypePad ou TypeKey, merci de vous identifier.

Rechercher sur le blOgAgglO

S'abonner au blog


  • Entrez votre adresse email pour vous abonner



Ajouter le flux rss blOgAgglO

Wikio - Top des blogs
Add to Technorati Favorites
View blog authority

MENTIONS LEGALES

Weblog publié par AgglO Communauté d'Agglomération Orléans Val de Loire - Espace Saint-Marc - 5 place 6 Juin 1944 - B.P 95801 - 45058 Orléans cedex 1

Conception graphique : Bonnie & Clyde

Service technique d'hébergement : Sixapart SA - 104 Avenue du Président Kennedy - 75116 Paris - Tél. : 01 44 14 16 60

Pour toute question ou réclamation concernant ce weblog, veuillez adresser un courriel au webmestre.